Limites, mot d’arrêt et consentement en BDSM

Sur Bondage Fetiche, on écrit des annonces très crues, et c’est bien ainsi : le fantasme a le droit d’être extrême. La séance, elle, se prépare. Voici ce que font les dominas, maîtres, soumis et couples qui durent, de la première prise de contact au lendemain de la séance. Ici, on ne se rencontre qu’entre majeurs, et tout ce qui suit vaut entre adultes qui disent oui.

Une annonce n’est pas une signature

Une soumise qui se dit prête à être traitée comme un objet décrit une envie, pas un accord pour tout ce qui vous passera par la tête. Même chose pour la maîtresse qui promet le « hard » : ce mot ne couvre pas les pratiques dont vous n’avez pas parlé. Ce qui compte, c’est ce que vous vous dites avant la séance, et ce que l’autre confirme le jour même.

Avant : les limites, une par une

Prenez le temps d’en parler par message, au tchat ou autour d’un verre. Beaucoup de pratiquants font la liste à trois colonnes :

  • les envies : ce que la personne veut vivre ;
  • les limites souples : ce qu’elle accepte d’essayer, doucement, et qu’elle peut refuser sur le moment ;
  • les limites dures : ce qui n’arrivera jamais, quoi qu’en dise la scène.

Ajoutez-y les questions de santé (allergies au latex, problèmes de dos, de cœur, de circulation), les marques acceptées ou non et les zones du corps à éviter. Un contrat d’appartenance peut mettre tout cela par écrit, mais il n’a aucune valeur légale : il se rompt à tout moment, par l’un ou par l’autre.

Pendant : le mot d’arrêt et le geste qui le remplace

Choisissez un safeword qui ne ressemble à rien de ce qu’on crie pendant une scène : pas « non », pas « arrête ». Beaucoup utilisent un système de feux : « orange » pour ralentir, « rouge » pour tout arrêter. Si la personne est bâillonnée, prévoyez un geste : lâcher un objet tenu dans la main, taper trois fois. Quand le mot tombe, on s’arrête tout de suite, sans négocier.

La règle vaut aussi pour la personne qui domine : un maître ou une maîtresse peut interrompre une séance qui lui échappe.

Ce qui demande des précautions particulières

  • Bondage et cordes : ne laissez jamais quelqu’un attaché seul, gardez à portée une paire de ciseaux à bouts ronds, surveillez fourmillements et doigts froids, et ne passez jamais de corde autour du cou.
  • Fessée, fouet, impact : visez les fesses et le haut des cuisses, pas les reins, la colonne ni la nuque. Montez par paliers.
  • Uro et scato : les selles transmettent des infections (hépatite A, bactéries intestinales). On en parle franchement avant, on évite toute ingestion et on se lave soigneusement après.
  • Jeux de respiration et d’étranglement : ils peuvent tuer en quelques secondes, même entre gens expérimentés. On ne les pratique pas.
  • Pénétrations, gode-ceinture, fist : lubrifiant, préservatif sur les jouets partagés, et du temps.

À plusieurs, en couple, devant la caméra

Dans une annonce de couple où madame est « offerte », c’est madame qui doit dire oui, par écrit ou de vive voix, pas seulement son mari. En soirée de groupe, chaque participant connaît les limites de la personne au centre. Les photos et les vidéos ne se prennent qu’avec un accord clair, et ne circulent pas sans un second accord.

Après : le retour au calme

Une séance intense laisse souvent une forme de vide, parfois le lendemain. Les pratiquants appellent ça l’aftercare : un plaid, de l’eau, quelques mots, un message le jour suivant pour savoir comment l’autre va. C’est aussi le moment de dire ce qui a plu et ce qui ne recommencera pas.

Le premier rendez-vous

Pour une première rencontre, un verre dans un lieu public reste le meilleur départ, et certaines annonces du site le demandent d’ailleurs. Prévenez une personne de confiance de l’adresse et de l’heure, évitez l’alcool et les drogues qui brouillent le jugement, et partez si quelque chose cloche. Le jeu ne commence que lorsque les deux le veulent.

Si quelque chose a mal tourné

Un abus reste un abus, même au milieu d’une scène acceptée au départ. Danger immédiat : composez le 112, ou le 17 pour police secours. Pour les violences faites aux femmes, la ligne 3919 est gratuite et anonyme. Une question sur un risque pris pendant une séance, sur la PrEP ou sur le traitement post-exposition : Sida Info Service répond au 0 800 840 800. Enfin, publier ou transmettre l’image intime d’une personne sans son accord expose à deux ans d’emprisonnement et 60 000 € d’amende.

Pour trouver des partenaires qui partagent vos envies, parcourez les annonces de dominatrices, de femmes soumises, de couples SM ou les amateurs de bondage.